Lecture en parallèle
Tobie 10
Crampon 1923
À propos de cette édition1Pendant que Tobie différait son départ à cause de ses noces, son père Tobie était rempli d’inquiétude : « D’où vient, se disait-il, le retard de mon fils ? Quelle raison peut le retenir dans ce pays ?
2Gabélus serait-il mort, et n’y aurait-il plus personne pour lui rendre cet argent ? »
3Il commença donc à s’attrister beaucoup, lui et Anne, sa femme, et ils se mirent ensemble à pleurer de ce que leur fils n’était pas revenu près d’eux au jour marqué.
4Sa mère surtout répandait des larmes intarissables : « Hélas ! hélas ! mon fils, disait-elle, pourquoi t’avons-nous envoyé si loin, toi qui étais la lumière de nos yeux, le bâton de notre vieillesse, la consolation de notre vie et l’espérance de notre postérité ?
5Nous qui avions tout en toi seul, nous n’aurions pas dû t’éloigner de nous. »
6Tobie lui disait : « Cesse tes plaintes et ne te trouble pas ; notre fils se porte bien et l’homme avec qui nous l’avons fait partir est très fidèle. »
7Mais rien ne pouvait la consoler ; sortant chaque jour de sa maison, elle regardait de tous côtés, et allait sur tous les chemins par lesquels il y avait espoir qu’il reviendrait, afin, s’il était possible, de l’apercevoir de loin.
8Cependant Raguel disait à son gendre : « Reste ici, et j’enverrai des nouvelles de ta santé à Tobie, ton père. »
9Tobie lui répondit : « Je sais que mon père et ma mère comptent les jours et que leur esprit se tourmente au-dedans d’eux. »
10Après avoir fait encore de grandes instances à Tobie, sans que celui-ci voulût rien entendre à ses raisons, Raguel lui remit Sara avec la moitié de tout ce qu’il possédait, en serviteurs et en servantes, en troupeaux, en chameaux, en vaches, en argent, dont il avait beaucoup, et il le laissa partir, plein de santé et de joie,
11en disant : « Que le saint ange du Seigneur soit en votre chemin, qu’il vous conduise jusque chez vous sains et saufs ; puissiez-vous trouver toute chose prospère chez vos parents, et puissent mes yeux voir vos enfants avant que je meure ! »
12Et le père et la mère, prenant leur fille, l’embrassèrent et la laissèrent aller,
13après lui avoir recommandé d’honorer ses beaux-parents, d’aimer son mari, de bien conduire sa famille, de gouverner sa maison et de se conserver elle-même sans reproche.
Vulgate clémentine 1598
À propos de cette édition1Cum vero moras faceret Tobias, causa nuptiarum, sollicitus erat pater ejus Tobias, dicens: Putas quare moratur filius meus, aut quare detentus est ibi?
2Putasne Gabelus mortuus est, et nemo reddet illi pecuniam?
3Cœpit autem contristari nimis ipse, et Anna uxor ejus cum eo: et cœperunt ambo simul flere, eo quod die statuto minime reverteretur filius eorum ad eos.
4Flebat igitur mater ejus irremediabilibus lacrimis, atque dicebat: Heu, heu me, fili mi ! ut quid te misimus peregrinari, lumen oculorum nostrorum, baculum senectutis nostræ, solatium vitæ nostræ, spem posteritatis nostræ?
5omnia simul in te uno habentes, te non debuimus dimittere a nobis.
6Cui dicebat Tobias: Tace, et noli turbari: sanus est filius noster: satis fidelis est vir ille, cum quo misimus eum.
7Illa autem nullo modo consolari poterat, sed quotidie exiliens circumspiciebat, et circuibat vias omnes per quas spes remeandi videbatur, ut procul videret eum, si fieri posset, venientem.
8At vero Raguel dicebat ad generum suum: Mane hic, et ego mittam nuntium salutis de te ad Tobiam patrem tuum.
9Cui Tobias ait: Ego novi quia pater meus et mater mea modo dies computant, et cruciatur spiritus eorum in ipsis.
10Cumque verbis multis rogaret Raguel Tobiam, et ille eum nulla ratione vellet audire, tradidit ei Saram, et dimidiam partem omnis substantiæ suæ in pueris, in puellis, in pecudibus, in camelis, et in vaccis, et in pecunia multa: et salvum atque gaudentem dimisit eum a se,
11dicens: Angelus Domini sanctus sit in itinere vestro, perducatque vos incolumes, et inveniatis omnia recte circa parentes vestros, et videant oculi mei filios vestros priusquam moriar.
12Et apprehendentes parentes filiam suam, osculati sunt eam: et dimiserunt ire,
13monentes eam honorare soceros, diligere maritum, regere familiam, gubernare domum, et seipsam irreprehensibilem exhibere.
Douay-Rheims 1899
À propos de cette édition1But as Tobias made longer stay upon occasion of the marriage, Tobias his father was solicitous, saying: Why thinkest thou doth my son tarry, or why is he detained there?
2Is Gabelus dead, thinkest thou, and no man will pay him the money?
3And he began to be exceeding sad, both he and Anna his wife with him: and they began both to weep together: because their son did not return to them on the day appointed.
4But his mother wept and was quite disconsolate, and said: Woe, woe is me, my son; why did we send thee to go to a strange country, the light of our eyes, the staff of our old age, the comfort of our life, the hope of our posterity?
5We having all things together in thee alone, ought not to have let thee go from us.
6And Tobias said to her: Hold thy peace, and be not troubled, our son is safe: that man with whom we sent him is very trusty.
7But she could by no means be comforted, but daily running out looked round about, and went into all the ways by which there seemed any hope he might return, that she might if possible see him coming afar off.
8But Raguel said to his son in law: Stay here, and I will send a messenger to Tobias thy father, that thou art in health.
9And Tobias said to him: I know that my father and mother now count the days, and their spirit is grievously afflicted within them.
10And when Raguel had pressed Tobias with many words, and he by no means would hearken to him, he delivered Sara unto him, and half of all his substance in menservants, and womenservants, in cattle, in camels, and in kine, and in much money, and sent him away safe and joyful from him.
11Saying: The holy angel of the Lord be with you in your journey, and bring you through safe, and that you may find all things well about your parents, and my eyes see your children before I die.
12And the parents taking their daughter kissed her, and let her go:
13Admonishing her to honour her father and mother in law, to love her husband, to take care of the family, to govern the house, and to behave herself irreprehensibly.