Lecture en parallèle
2 Maccabées 9
Crampon 1923
À propos de cette édition1Vers ce temps-là, Antiochus était honteusement revenu des contrées de la Perse.
2Car, étant entré dans la ville nommée Persépolis, il avait tenté de piller le temple et d’opprimer la ville ; c’est pourquoi la multitude soulevée eut recours à la force des armes et il arriva qu’Antiochus, mis en fuite par les habitants du pays, fit une retraite humiliante.
3Comme il était dans la région d’Ecbatane, il apprit ce qui était arrivé à Nicanor et à l’armée de Timothée.
4Transporté de fureur, il pensait à venger sur les Juifs l’injure de ceux qui l’avaient forcé de fuir ; il commanda donc au conducteur de pousser son char sans s’arrêter, pour hâter le voyage. La vengeance du ciel le poursuivait, car il avait dit dans son orgueil : « Aussitôt arrivé à Jérusalem, je ferais de cette ville le tombeau des Juifs. »
5Mais le Seigneur, Dieu d’Israël, qui voit toutes choses, le frappa d’une plaie incurable et horrible à voir. À peine eut-il proféré cette parole, qu’il fut saisi par une extrême douleur d’entrailles, avec de cruelles tortures à l’intérieur.
6C’était justice, puisqu’il avait déchiré les entrailles des autres par des tourments nombreux et inouïs. Mais il ne rabattait rien de son arrogance ;
7toujours rempli d’orgueil, il exhalait contre les Juifs le feu de sa colère et ordonnait de hâter la marche, quand soudain il tomba du char qui roulait avec fracas, et sa chute fut si violente que tous les membres de son corps en furent meurtris.
8Lui qui tout à l’heure croyait commander aux flots de la mer, dans sa jactance surhumaine, lui qui s’imaginait peser dans la balance la hauteur des montagnes, ayant été précipité par terre, il était porté dans une litière, rendant manifeste aux yeux de tous la puissance de Dieu.
9Du corps de l’impie sortaient des essaims de vers ; lui vivant, ses chairs se détachaient par lambeaux avec d’atroces douleurs, et l’odeur de pourriture qui s’en exhalait incommodait toute l’armée ;
10et celui qui naguère semblait toucher aux astres du ciel, personne maintenant ne pouvait le porter, à cause de cette intolérable puanteur.
11Alors, profondément blessé, il commença à revenir de ce grand orgueil et à se connaître lui-même, sous le fouet divin qui redoublait à chaque moment ses douleurs ;
12et comme lui-même ne pouvait supporter son infection, il dit : « Il est juste de se soumettre à Dieu et, simple mortel, ne pas s’égaler insolemment à la divinité. »
13Mais ce scélérat priait le Souverain Maître qui ne devait plus avoir pitié de lui,
14promettant de déclarer libre la ville sainte, vers laquelle il se hâtait pour l’égaler au sol et en faire le tombeau de ses habitants ;
15de rendre semblables aux Athéniens tous les Juifs, qu’il ne jugeait pas dignes de la sépulture, les destinant, eux et leurs enfants, à servir de pâture aux oiseaux de proie et aux bêtes féroces ;
16d’orner des plus belles offrandes le temple saint qu’il avait jadis dépouillé, de lui rendre et au delà tous ses ustensiles sacrés et de subvenir de ses propres revenus aux frais des sacrifices,
17et en outre de devenir lui-même Juif, et de parcourir tous les lieux habités en y proclamant la puissance de Dieu.
18Mais ses souffrances ne se calmèrent pas, car le juste jugement de Dieu était venu sur lui ; c’est alors que, voyant son état désespéré, il écrivit aux Juifs la lettre ci-dessous transcrite, ayant la forme d’une supplication, et conçue en ces termes :
19« Aux Juifs, ses excellents citoyens, le roi et général Antiochus : Salut, santé et bonheur parfaits !
20Si vous vous portez bien, ainsi que vos enfants, si vos affaires vont selon vos désirs, j’en rends à Dieu les plus grandes gloires, mettant mon espoir dans le ciel.
21Pour moi, je suis étendu sur un lit, sans force, me rappelant avec amour les marques d’honneur et de bienveillance que j’ai reçues de vous. « À mon retour des contrées de la Perse, étant tombé dans une maladie cruelle, j’ai jugé nécessaire de m’occuper du bien-être de tous.
22Ce n’est pas que je désespère de moi ; j’ai au contraire une grande confiance de guérir de cette maladie.
23Mais considérant que mon père, quand il porta ses armes dans les hautes provinces, désigna son futur successeur,
24afin que, en cas d’un malheur inattendu ou de bruits fâcheux, ceux du royaume, sachant à qui les affaires étaient remises, ne fussent pas troublés ;
25songeant en outre que les monarques limitrophes et des princes voisins de mes États épient les circonstances et attendent ce qui arrivera, j’ai désigné pour roi mon fils Antiochus que, plus d’une fois, lorsque j’ai parcouru mes provinces supérieures, j’ai confié à la plupart d’entre vous en vous le recommandant, et je lui ai écrit la lettre transcrite ci-dessous.
26Je vous demande donc et vous prie de vous souvenir de mes bienfaits, tant généraux que particuliers, et de conserver chacun la bienveillance que vous avez pour moi et pour mon fils.
27Car je suis persuadé que, plein de douceur et d’humanité, il réalisera mes intentions et se montrera condescendant à votre égard. »
28Ainsi ce meurtrier, ce blasphémateur en proie à d’horribles souffrances, comme il en avait fait endurer aux autres, mourut sur la terre étrangère, dans les montagnes, d’une mort misérable.
29Philippe, son compagnon d’enfance, faisait transporter son corps ; mais craignant le jeune Antiochus, il se retira en Égypte, auprès de Ptolémée Philométor.
Vulgate clémentine 1598
À propos de cette édition1Eodem tempore, Antiochus inhoneste revertebatur de Perside.
2Intraverat enim in eam quæ dicitur Persepolis, et tentavit expoliare templum, et civitatem opprimere: sed multitudine ad arma concurrente, in fugam versi sunt: et ita contigit ut Antiochus post fugam turpiter rediret.
3Et cum venisset circa Ecbatanam, recognovit quæ erga Nicanorem et Timotheum gesta sunt.
4Elatus autem in ira, arbitrabatur se injuriam illorum qui se fugaverant posse in Judæos retorquere: ideoque jussit agitari currum suum sine intermissione agens iter, cælesti eum judicio perurgente, eo quod ita superbe locutus est se venturum Jerosolymam, et congeriem sepulchri Judæorum eam facturum.
5Sed qui universa conspicit Dominus Deus Israël, percussit eum insanabili et invisibili plaga. Ut enim finivit hunc ipsum sermonem, apprehendit eum dolor dirus viscerum, et amara internorum tormenta:
6et quidem satis juste, quippe qui multis et novis cruciatibus aliorum torserat viscera, licet ille nullo modo a sua malitia cessaret.
7Super hoc autem superbia repletus, ignem spirans animo in Judæos, et præcipiens accelerari negotium, contigit illum impetu euntem de curru cadere, et gravi corporis collisione membra vexari.
8Isque qui sibi videbatur etiam fluctibus maris imperare, supra humanum modum superbia repletus, et montium altitudines in statera appendere, nunc humiliatus ad terram in gestatorio portabatur, manifestam Dei virtutem in semetipso contestans:
9ita ut de corpore impii vermes scaturirent, ac viventis in doloribus carnes ejus effluerent, odore etiam illius et fœtore exercitus gravaretur:
10et qui paulo ante sidera cæli contingere se arbitrabatur, eum nemo poterat propter intolerantiam fœtoris portare.
11Hinc igitur cœpit ex gravi superbia deductus ad agnitionem sui venire, divina admonitus plaga, per momenta singula doloribus suis augmenta capientibus.
12Et cum nec ipse jam fœtorem suum ferre posset, ita ait: Justum est subditum esse Deo, et mortalem non paria Deo sentire.
13Orabat autem hic scelestus Dominum, a quo non esset misericordiam consecuturus.
14Et civitatem, ad quam festinans veniebat ut eam ad solum deduceret ac sepulchrum congestorum faceret, nunc optat liberam reddere:
15et Judæos, quos nec sepultura quidem se dignos habiturum, sed avibus ac feris diripiendos traditurum, et cum parvulis exterminaturum dixerat, æquales nunc Atheniensibus facturum pollicetur:
16templum etiam sanctum, quod prius expoliaverat, optimis donis ornaturum, et sancta vasa multiplicaturum, et pertinentes ad sacrificia sumptus de redditibus suis præstaturum:
17super hæc, et Judæum se futurum, et omnem locum terræ perambulaturum, et prædicaturum Dei potestatem.
18Sed non cessantibus doloribus (supervenerat enim in eum justum Dei judicium), desperans scripsit ad Judæos in modum deprecationis epistolam hæc continentem:
19Optimis civibus Judæis plurimam salutem, et bene valere, et esse felices, rex et principes Antiochus.
20Si bene valetis, et filii vestri, et ex sententia vobis cuncta sunt, maximas agimus gratias.
21Et ego in infirmitate constitutus, vestri autem memor benigne reversus de Persidis locis, et infirmitate gravi apprehensus, necessarium duxi pro communi utilitate curam habere:
22non desperans memetipsum, sed spem multam habens effugiendi infirmitatem.
23Respiciens autem quod et pater meus, quibus temporibus in locis superioribus ducebat exercitum, ostendit qui post se susciperet principatum:
24ut si quid contrarium accideret, aut difficile nuntiaretur, scientes hi qui in regionibus erant, cui esset rerum summa derelicta, non turbarentur.
25Ad hæc, considerans de proximo potentes quosque et vicinos temporibus insidiantes, et eventum exspectantes, designavi filium meum Antiochum regem, quem sæpe recurrens in superiora regna multis vestrum commendabam: et scripsi ad eum quæ subjecta sunt.
26Ora itaque vos, et peto memores beneficiorum publice et privatim, ut unusquisque conservet fidem ad me et ad filium meum.
27Confido enim eum modeste et humane acturum, et sequentem propositum meum, et communem vobis fore.
28Igitur homicida et blasphemus pessime percussus, et ut ipse alios tractaverat, peregre in montibus miserabili obitu vita functus est.
29Transferebat autem corpus Philippus collactaneus ejus: qui, metuens filium Antiochi, ad Ptolemæum Philometorem in Ægyptum abiit.
Douay-Rheims 1899
À propos de cette édition1At that time Antiochus returned with dishonour out of Persia.
2For he had entered into the city called Persepolis, and attempted to rob the temple, and to oppress the city: but the multitude running together to arms, put them to flight: and so it fell out that Antiochus being put to flight returned with disgrace.
3Now when he was come about Ecbatana, he received the news of what had happened to Nicanor and Timotheus.
4And swelling with anger he thought to revenge upon the Jews the injury done by them that had put him to flight. And therefore he commanded his chariot to be driven, without stopping in his journey, the judgment of heaven urging him forward, because he had spoken so proudly, that he would come to Jerusalem, and make it a common burying place of the Jews.
5But the Lord the God of Israel, that seeth all things, struck him with an incurable and an invisible plague. For as soon as he had ended these words, a dreadful pain in his bowels came upon him, and bitter torments of the inner parts.
6And indeed very justly, seeing he had tormented the bowels of others with many and new torments, albeit he by no means ceased from his malice.
7Moreover being filled with pride, breathing out fire in his rage against the Jews, and commanding the matter to be hastened, it happened as he was going with violence that he fell from the chariot, so that his limbs were much pained by a grievous bruising of the body.
8Thus he that seemed to himself to command even the waves of the sea, being proud above the condition of man, and to weigh the heights of the mountains in a balance, now being cast down to the ground, was carried in a litter, bearing witness to the manifest power of God in himself:
9So that worms swarmed out of the body of this man, and whilst he lived in sorrow and pain, his flesh fell off, and the filthiness of his smell was noisome to the army.
10And the man that thought a little to before he could reach the stars of heaven, no man could endure to carry, for the intolerable stench.
11And by this means, being brought from his great pride, he began to come to the knowledge of himself, being admonished by the scourge of God, his pains increasing every moment.
12And when he himself could not now abide his own stench, he spoke thus: It is just to be subject to God, and that a mortal man should not equal himself to God.
13Then this wicked man prayed to the Lord, of whom he was not like to obtain mercy.
14And the city to which he was going in haste to lay it even with the ground, and to make it a, common buryingplace, he now desireth to make free.
15And the Jews whom he said he would not account worthy to be so much as buried, but would give them up to be devoured by the birds and wild beasts, and would utterly destroy them with their children, he now promiseth to make equal with the Athenians.
16The holy temple also which before he had spoiled, he promiseth to adorn with goodly gifts, and to multiply the holy vessels, and to allow out of his revenues the charges pertaining to the sacrifices.
17Yea also, that he would become a Jew himself, and would go through every place of the earth, and declare the power of God.
18But his pains not ceasing (for the just judgment of God was come upon him) despairing of life he wrote to the Jews in the manner of a supplication, a letter in these words:
19To his very good subjects the Jews, Antiochus king and ruler wisheth much health and welfare, and happiness.
20If you and your children are well, and if all matters go with you to your mind, we give very great thanks.
21As for me, being infirm, but yet kindly remembering you, returning out of the places of Persia, and being taken with a grievous disease, I thought it necessary to take care for the common good:
22Not distrusting my life, but having great hope to escape the sickness.
23But considering that my father also, at what time she led an army into the higher countries, appointed who should reign after him:
24To the end that if any thing contrary to expectation should fall out, or ally bad tidings should be brought, they that were in the countries, knowing to whom the whole government was left, might not be troubled.
25Moreover, considering that neighbouring princes and borderers wait for opportunities, and expect what shall be the event, I have appointed my son Antiochus king, whom I often recommended to many of you, when I went into the higher provinces: and I have written to him what I have joined here below.
26I pray you therefore, and request of you, that remembering favours both public and private, you will every man of you continue to be faithful to me and to my son.
27For I trust that he will behave with I moderation and humanity, and following my intentions, will be gracious unto you.
28Thus the murderer and blasphemer, being grievously struck, as himself had treated others, died a miserable death in a strange country among the mountains.
29But Philip that was brought up with him, carried away his body: and out of fear of the son of Antiochus, went into Egypt to Ptolemee Philometor.