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Crampon 1923Vulgate clémentine 1598Douay-Rheims 1899
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Ecclésiaste 6

Crampon 1923

À propos de cette édition

1Il est un mal que j’ai vu sous le soleil, et ce mal est grand sur l’homme :

2Tel homme à qui Dieu a donné richesses, trésors et gloire, et qui ne manque pour son âme de rien de ce qu’il peut désirer ; mais Dieu ne lui permet pas d’en jouir, car c’est un étranger qui en jouit : voilà une vanité et un mal grave.

3Quand un homme aurait engendré cent fils, eût vécu de nombreuses années, et que les jours de ses années se seraient multipliés, si son âme ne s’est pas rassasiée de bonheur, et qu’il n’ait pas même eu de sépulture, je dis qu’un avorton est plus heureux que lui.

4Car il est venu en vain, il s’en va dans les ténèbres, et les ténèbres couvriront son nom ;

5il n’a même ni vu ni connu le soleil, il a plus de repos que cet homme.

6Et quand il vivrait deux fois mille ans, sans jouir du bonheur, tout ne va-t-il pas au même lieu ?

7Tout le travail de l’homme est pour sa bouche ; mais ses désirs ne sont jamais satisfaits.

8Car quel avantage a le sage sur l’insensé ? Quel avantage a le pauvre qui sait se conduire devant les vivants ?

9Ce que les yeux voient est préférable à la divagation des désirs. Cela encore est vanité et poursuite du vent.

10De toute chose qui arrive, le nom est déjà prononcé ; on sait ce que sera un homme, et il ne peut contester avec qui est plus fort que lui.

11Car il y a beaucoup de paroles qui ne font qu’accroître la vanité : quel avantage en revient-il à l’homme ?

12Car qui sait, en effet, ce qui est bon pour l’homme dans la vie, pendant les jours de sa vie de vanité, qu’il passe comme une ombre ? Et qui peut indiquer à l’homme ce qui sera après lui sous le soleil ?

Vulgate clémentine 1598

À propos de cette édition

1[Est et aliud malum quod vidi sub sole, et quidem frequens apud homines:

2vir cui dedit Deus divitias, et substantiam, et honorem, et nihil deest animæ suæ ex omnibus quæ desiderat; nec tribuit ei potestatem Deus ut comedat ex eo, sed homo extraneus vorabit illud: hoc vanitas et miseria magna est.

3Si genuerit quispiam centum liberos, et vixerit multos annos, et plures dies ætatis habuerit, et anima illius non utatur bonis substantiæ suæ, sepulturaque careat: de hoc ergo pronuntio quod melior illo sit abortivus.

4Frustra enim venit, et pergit ad tenebras, et oblivione delebitur nomen ejus.

5Non vidit solem, neque cognovit distantiam boni et mali.

6Etiam si duobus millibus annis vixerit, et non fuerit perfruitus bonis, nonne ad unum locum properant omnia?

7Omnis labor hominis in ore ejus; sed anima ejus non implebitur.

8Quid habet amplius sapiens a stulto? et quid pauper, nisi ut pergat illuc ubi est vita?

9Melius est videre quod cupias, quam desiderare quod nescias. Sed et hoc vanitas est, et præsumptio spiritus.

10Qui futurus est, jam vocatum est nomen ejus; et scitur quod homo sit, et non possit contra fortiorem se in judicio contendere.

11Verba sunt plurima, multamque in disputando habentia vanitatem.]

Douay-Rheims 1899

À propos de cette édition

1There is also another evil, which I have seen under the sun, and that frequent among men:

2A man to whom God hath given riches, and substance, and honour, and his soul wanteth nothing of all that he desireth: yet God doth not give him power to eat thereof, but a stranger shall eat it up. This is vanity and a great misery.

3If a man beget a hundred children, and live many years, and attain to a great age, and his soul make no use of the goods of his substance, and he be without burial: of this man I pronounce, that the untimely born is better than he.

4For he came in vain, and goeth to darkness, and his name shall be wholly forgotten.

5He hath not seen the sun, nor known the distance of good and evil:

6Although he lived two thousand years, and hath not enjoyed good things: do not all make haste to one place?

7All the labour of man is for his mouth, but his soul shall not be filled.

8What hath the wise man more than the fool? and what the poor man, but to go thither, where there is life?

9Better it is to see what thou mayst desire, than to desire that which thou canst not know. But this also is vanity, and presumption of spirit.

10He that shall be, his name is already called: and it is known, that he is man, and cannot contend in judgment with him that is stronger than himself.

11There are many words that have much vanity in disputing.